"Du fait de nos conventions familiales basées sur un nom transmis de père en fils, nous nous sentons à tort reliés au passé par une mince tige, sur laquelle se greffent, à chaque génération, des noms d'épouse toujours considérés comme d'intérêt secondaire, à moins qu'ils ne soient assez brillants pour en tirer vanité. En France sutout, lieu d'élection de la loi salique, 'descendre de quelqu'un par les femmes' fait presque l'effet d'une plaisanterie. Qui -sauf exception- sait le nom de l'aïeul maternel de sa bisaïeule paternelle ? L'homme qui l'a porté compte autant, néanmoins, dans l'amalgame dont nous sommes faits, que l'ancêtre du même degré dont nous héritons le nom ...
c'est bien de toute une province que nous héritons, de tout un monde. L'angle à la pointe duquel nous nous trouvons bée derrière nous à l'infini. Vue de la sorte, la généalogie, cette science si souvent mise au service de la vanité humaine, conduit d'abord à l'humilité, par le sentiment du peu que nous sommes dans ces multitudes, ensuite au vertige" - Marguerite YOURCENAR dans 'Archives du Nord' 1977 -
Un grand merci à Jean Madelain, ancien maire de Fougères, ancien sénateur d'Ille et Vilaine.